Le Premier RefugeLe circuit des Carolines

Le circuit des Carolines

Quatre étapes sur les lieux du chapitre VI, de Fayetteville jusqu’à l’île Sapelo, plus au sud : ce qui s’est passé à chacune, ce que l’on peut y voir aujourd’hui et comment s’y rendre.

Préparer le circuit

  1. 1FayettevilleLà où Omar ibn Said a écrit sur les murs
  2. 2Comté de GeorgetownLa côte du riz
  3. 3CharlestonLà où arrivaient les navires
  4. 4Île SapeloL’île de Bilali

Georgetown est l’étape la plus proche de Myrtle Beach. L’île Sapelo demande le plus de préparation : le ferry ne prend que les visiteurs qui ont réservé, et les visites publiques n’ont lieu que deux fois par semaine.

Les informations pratiques proviennent du site de chaque lieu ou du National Park Service (le service des parcs nationaux), consultés le 15 octobre 2026. Les horaires changent : vérifiez avant de partir.

1

Là où Omar ibn Said a écrit sur les murs

Fayetteville, Caroline du Nord

À Charleston, Omar ibn Said a été vendu à un homme dont il a gardé le souvenir d’un maître cruel, et il s’est enfui. D’après l’État de Caroline du Nord, il est arrivé à Fayetteville le 29 août 1810 et a été jeté en prison comme fugitif.1 Il a écrit sur les murs de sa cellule avec des morceaux de charbon pris dans le feu, en arabe, une écriture que personne en ville ne savait lire.14

Il a été acheté par James Owen, du comté de Bladen, et a vécu dans cette famille jusqu’à la fin de sa vie. En 1831, il a écrit son autobiographie en arabe. Il est mort, probablement en juillet 1863, et a été enterré dans le cimetière de la famille, dans le comté de Bladen.1

Voir sur l’atlas : Fayetteville

Le panneau d’Omar ibn Said

NC 210 (Murchison Road), Fayetteville

Un panneau historique routier de l’État, le numéro I-89. On y lit : « Muslim slave & scholar. African-born, he penned autobiography in Arabic, 1831. Lived in Bladen County and worshipped with local Presbyterians. » (« Esclave musulman et lettré. Né en Afrique, il rédigea son autobiographie en arabe, en 1831. Vécut dans le comté de Bladen et pria aux côtés des presbytériens de la région. »)1

Ouvert
Un panneau en bord de route, visible à toute heure

Masjid Omar Ibn Sayyid

2700 Murchison Road, Fayetteville, NC

Une mosquée qui porte son nom, sur la même route que son panneau. Son site web précise que le bâtiment n’est pas ouvert à chaque heure de prière et demande à ceux qui souhaitent y prier d’appeler avant pour pouvoir entrer.2

Appeler avant
910-488-7322
Site web
masjidomaribnsayyid.org
Son histoire
Chapitre VII : Après la traversée

Pour aller plus loin : la Bible en arabe obtenue pour Omar en 1819 appartient au Davidson College.1

2

La côte du riz

Comté de Georgetown, Caroline du Sud

Le chapitre ne nomme aucun musulman dans le comté de Georgetown. Si cette étape figure ici, c’est pour le riz. Vers le milieu des années 1800, le comté de Georgetown était l’un des premiers comtés producteurs de riz du pays, et chaque acre y était travaillée par des personnes réduites en esclavage.18 Le Rice Museum (le musée du Riz) le dit sans détour : les travailleurs des rizières étaient surtout des Africains de l’Ouest capturés et vendus comme esclaves, et en 1840 le district de Georgetown produisait près de la moitié de toute la récolte de riz des États-Unis.3

Des historiens comme Judith Carney ont soutenu que les planteurs de Caroline recherchaient le savoir-faire des personnes enlevées sur les côtes rizicoles d’Afrique de l’Ouest. D’autres chercheurs doutent que les acheteurs aient eu autant le choix.18

Voir sur l’atlas : Comté de Georgetown

Rice Museum

The Old Market Building and Town Clock, Front Street, et 633 Front Street, Georgetown, SC

Des dioramas, des cartes, des tableaux et des objets sur la culture du riz dans le comté, notamment l’irrigation au rythme des marées et les vannes en bois (« trunk docks ») dont dépendaient les rizières, dans la halle du marché de 1842, sous l’horloge de la ville.3

Ouvert
Du mardi au samedi, de 10 h 30 à 16 h 30
Site web
ricemuseum.org

Hobcaw Barony

22 Hobcaw Road, Georgetown, SC 29440

Seize mille acres (près de six mille cinq cents hectares) sur le Waccamaw Neck, cultivées en riz jusqu’au début des années 1900, avec plus de 70 sites culturels, parmi lesquels des cimetières et les cabanes où vivaient les esclaves. Au-delà du portail, le domaine ne se visite qu’avec un guide, et la visite de deux heures fait halte dans l’un des quatre villages bâtis par des personnes réduites en esclavage, où leurs descendants ont vécu jusque tard dans les années 1900.4

Accès
Depuis Myrtle Beach, environ 35 miles (56 km) vers le sud par la Highway 17, en passant par Pawleys Island
Discovery Center (centre d’accueil)
Du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h ; le samedi, de 9 h à 14 h ; 843-546-4623
Visites guidées
Deux heures, du lundi au vendredi à 9 h 30, 10 h 30, 13 h 30 et 14 h 30 ; réservation sur le site web ; déconseillées aux moins de 7 ans
Site web
hobcawbarony.org
3

Là où arrivaient les navires

Charleston, Caroline du Sud

Selon une estimation souvent citée, jusqu’à quatre Africains sur dix parmi ceux qu’on a amenés dans ce qui allait devenir les États-Unis ont d’abord touché terre à Charleston. Les navires porteurs de maladies étaient retenus en quarantaine à Sullivan’s Island,6 et, plus tard, les navires débarquaient à Gadsden’s Wharf, où se dresse aujourd’hui l’International African American Museum.5 Omar ibn Said est arrivé en 1807.14

En 1790, la Chambre des représentants de Caroline du Sud a examiné la pétition de quatre hommes et de leurs épouses qui se disaient Maures libres, sujets de l’empereur du Maroc, et a décidé qu’ils ne seraient pas jugés selon le code des esclaves de l’État.19

Voir sur l’atlas : Charleston

International African American Museum

14 Wharfside Street, Charleston, SC 29401

Ouvert en juin 2023 sur le site de Gadsden’s Wharf. Son Center for Family History (centre d’histoire familiale) aide les visiteurs à retrouver leurs ancêtres afro-américains, et l’African Ancestors Memorial Garden (jardin mémorial des ancêtres africains), conçu par Walter Hood, est ouvert au public.5

Avant de partir
Vérifiez les horaires et achetez vos billets sur le site web du musée
Site web
iaamuseum.org

Fort Moultrie et le Bench by the Road

1214 Middle Street, Sullivan’s Island, SC 29482

Entre 1707 et 1799, quatre lazarets (« pest houses ») ont été construits sur Sullivan’s Island, jamais plus d’un à la fois, pour mettre en quarantaine les passagers réduits en esclavage qui arrivaient porteurs de maladies infectieuses.6 En 2009, le parc a installé une exposition sur cette histoire, African Passages, dans le centre d’accueil des visiteurs de Fort Moultrie.7 Le Bench by the Road (le banc au bord de la route) de Toni Morrison, installé en 2008, se trouve près de l’Intracoastal Waterway, le chenal qui longe la côte, derrière le centre d’accueil.76

Ouvert
Tous les jours, de 9 h à 16 h 30 ; fermé le jour de l’An, à Thanksgiving et à Noël
Téléphone
843-883-3123
Site web
nps.gov/fosu

Old Slave Mart Museum

6 Chalmers Street, Charleston, SC

Le seul bâtiment connu encore debout à avoir servi de salle de vente aux enchères d’esclaves en Caroline du Sud, construit en 1859 dans l’une des rues pavées de la ville.9 La ville de Charleston en est propriétaire et le gère comme un musée de la traite intérieure des esclaves.10

Ouvert
Du lundi au samedi, de 9 h à 17 h
Site web
theoldslavemartmuseum.org
4

L’île de Bilali

Île Sapelo, Géorgie

Bilali Muhammad venait du Fouta-Djalon. À Sapelo, il était le commandeur de la plantation de Thomas Spalding, et il a écrit en arabe un petit manuel de pratique islamique de treize pages, fondé sur la Risâla d’Ibn Abî Zayd de Kairouan, qu’il cite. Le manuscrit est conservé à l’université de Géorgie.15

Ses descendants vivent toujours sur l’île. Cornelia Walker Bailey, de la communauté de Hog Hammock, morte en 2017, faisait remonter sa famille jusqu’à lui.16 Dans les années 1930, des habitants de l’île se souvenaient de grands-parents qui priaient sur des nattes et préparaient des galettes de riz appelées saraka, de sadaqa, l’aumône.17

Voir sur l’atlas : Île Sapelo

Se rendre sur l’île

Sapelo Island Visitors Center, 1766 Landing Road SE, Darien, GA 31305

Aucune route ne mène à Sapelo. Le ferry de l’État part de Meridian, à côté du Visitors Center (le centre d’accueil des visiteurs), et la traversée dure de 20 à 30 minutes. Chaque visiteur doit avoir une réservation et un hôte sur l’île.11

Visites publiques
Le mercredi, de 8 h 30 à 12 h 30 ; le samedi, sauf le dernier du mois, de 9 h à 13 h ; 15 personnes au plus
Réserver
Appelez le Visitors Center au 912-437-3224. Présentez-vous au moins 15 minutes avant le départ du ferry
Visitors Center
Du mardi au vendredi, de 7 h 30 à 17 h 30 ; le samedi, de 8 h à 17 h 30
Visites privées
Renseignez-vous auprès du Visitors Center
Site web
sapelonerr.org

Hog Hammock

Île Sapelo

Une communauté vivante, dont la propre association écrit le nom Hogg Hummock. La Sapelo Island Cultural and Revitalization Society s’efforce de garder entre les mains de la communauté les terres qui appartiennent aux descendants, et organise le Sapelo Cultural Day ; la date figure sur son site web.12 Venez en invité. Il n’y a rien à acheter pendant une visite : apportez donc de l’eau et de quoi manger.11 Demandez avant de photographier des personnes ou leurs maisons.

Site web
sicars.org

Avant de partir, et après

Lisez d’abord les pages écrites par Omar ibn Said lui-même. La Bibliothèque du Congrès présente son manuscrit page par page, et Documenting the American South, à l’université de Caroline du Nord, propose son autobiographie en anglais, telle qu’elle a été publiée en 1925.1413

Ce sont des lieux de deuil autant que de mémoire. L’Old Slave Mart et le Bench by the Road demandent le silence, et à Hog Hammock, vous êtes chez quelqu’un.

Sources

  1. North Carolina Department of Natural and Cultural Resources, Highway Historical Marker I-89, « Omar ibn Said ca. 1770-1863 », avec son essai. dncr.nc.gov
  2. Masjid Omar Ibn Sayyid, Fayetteville, page d’accueil. masjidomaribnsayyid.org
  3. The Rice Museum, Georgetown, page About. ricemuseum.org
  4. Hobcaw Barony (Belle W. Baruch Foundation), Visit et page d’accueil. hobcawbarony.org
  5. International African American Museum, page d’accueil et Building and Garden. iaamuseum.org
  6. National Park Service, The Bench By the Road, Fort Sumter and Fort Moultrie National Historical Park. nps.gov
  7. National Park Service, African Passages Museum Exhibit (communiqué de presse, 2 mars 2009). nps.gov
  8. National Park Service, Fort Sumter et Fort Moultrie, Operating Hours and Seasons. nps.gov
  9. National Park Service, page Old Slave Mart. nps.gov
  10. The Old Slave Mart Museum, City of Charleston, page d’accueil. theoldslavemartmuseum.org
  11. Sapelo Island National Estuarine Research Reserve, Visiting Sapelo Island, Public Tours et Contact Us. sapelonerr.org
  12. Sapelo Island Cultural and Revitalization Society (SICARS), page d’accueil. sicars.org
  13. Documenting the American South, University of North Carolina, Autobiography of Omar ibn Said, Slave in North Carolina, 1831, édité par J. Franklin Jameson (1925). docsouth.unc.edu
  14. Library of Congress, Omar Ibn Said Collection, avec l’essai consacré à la collection. loc.gov
  15. Joseph Alan Beatty, I Bear Witness: An African’s Quest for Faith and Community in the Atlantic World (thèse de doctorat, université de Floride, 2014), chapitre 6, sur le manuscrit de Bilali conservé à la Hargrett Rare Book and Manuscript Library, université de Géorgie. ufdcimages.uflib.ufl.edu
  16. New Georgia Encyclopedia, “Cornelia Bailey (1945 to 2017).” georgiaencyclopedia.org
  17. Georgia Writers’ Project, Drums and Shadows: Survival Studies among the Georgia Coastal Negroes (University of Georgia Press, 1940).
  18. Judith A. Carney, Black Rice: The African Origins of Rice Cultivation in the Americas (Harvard University Press, 2001).
  19. Sylviane A. Diouf, Servants of Allah: African Muslims Enslaved in the Americas (New York University Press, 1998 ; édition anniversaire 2013).